Sculpture

Jeane Seah taillant la pierre

Ma première expérience de la taille de pierre est née en cours de céramique, d’une pensée : cuit à 1300 degrés, le grès redevient presque de la pierre, l’élément même dont il est issu. J’ai donc décidé d’apprendre la sculpture et, dès le premier cours à Montpellier, on m’a remis un bloc de roche fossile très ancienne. Déroutée par l’anonymat de la matière, j’ai simplement commencé à tailler en haut, au centre, et à mon grand amusement, j’ai cru voir un œil me regarder. Ce premier jour, en deux heures, j’ai dégagé la tête d’un vieil homme au sourcil levé.

Quand le maître sculpteur est entré, il a été stupéfait et m’a cité Michel-Ange : chaque bloc de pierre contient une statue, et c’est la tâche du sculpteur de la découvrir. « J’ai vu l’ange dans le marbre et j’ai taillé jusqu’à le libérer. » C’était pour lui la preuve que je devais continuer.

Plus tard, j’ai visité la carrière de Michel-Ange à Pietrasanta, au sommet d’une montagne qui scintillait comme sous la neige en plein été, tant la pierre qui la compose est pure. C’était le marbre blanc que Michel-Ange lui-même préférait.

Depuis, je ne regarde plus jamais la pierre de la même façon…

Un visage tressé en forme de nid sur le mur d’une tourUn visage tressé sur le mur d’un château